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Giulia Plantier © Béatrice Avy

Matières brutes et détails délicats : Giulia Plantier sculpte l’ombre et la lumière chez Poésie

À Nîmes, l’architecte d’intérieur Giulia Plantier signe le décor de Poésie, le nouveau restaurant du chef Nicolas Fontaine et du sommelier Logan Touillez. Une identité visuelle conçue comme une ode aux sens où se mêlent matières brutes et détails délicats.

Dans ce qui fut Aux Plaisirs des Halles, une table historique dont le décor était resté longtemps inchangé, l’architecte d’intérieur a eu carte blanche pour insuffler un nouvel élan visuel à l’ensemble des espaces, en accord avec le virage bistronomique amorcé par le duo Nicolas Fontaine et Logan Thouillez. Après plusieurs mois de rénovation, Poésie dévoile un langage graphique et une circulation entièrement repensés. Derrière la façade de cette adresse nichée à quelques mètres des halles de Nîmes, se joue une partition à la fois libre et maitrisée. Matériaux nobles, références rétro et savoir-faire artisanaux y dialoguent avec justesse.

Émancipés du restaurant doublement étoilé Duende, Nicolas Fontaine et Logan Touillez souhaitaient offrir à ce lieu un esprit vivant, élégant et chaleureux. Pour cet écrin dédié à une cuisine d’auteur inspirée par les Cévennes, la Provence et la Méditerranée, la rénovation s’est construite dans un dialogue étroit avec Giulia Plantier.

 

Giulia Plantier

J’ai toujours, dans mes projets, l’idée de capter ce que mes clients souhaitent représenter. Je voulais qu’il y ait un lien entre ce qui se passe en cuisine et l’identité visuelle du lieu. La compréhension entre nous a été très fluide. Nous partageons une sensibilité instinctive ; notre collaboration était évidente.

Dans la salle de restauration tout en longueur, la maitrise du dialogue entre matériaux bruts, courbes et détails décoratifs donne à l’ensemble une élégance enveloppante et feutrée. Face à l’entrée, le comptoir a conservé sa silhouette arrondie, subtilement remodelée pour accompagner la nouvelle écriture du lieu. Il se pare désormais d’un marbre en quartzite. Ses veines brunes et bordeaux conversent avec la chaleur du mobilier en okoumé.

L’architecte d’intérieur a également imaginé et dessiné des banquettes modulables en demi lune. Les courbes des assises et dossiers, réalisées par le duo de tapissières Charlotte et Claire épousent délicatement leurs structures. Une tapisserie en tissu moiré de la maison italienne Dédar rythme l’espace. Elle diffuse une lumière douce aux reflets dorés, tandis que les murs mats de couleur sable et enduits à la chaux, calment le jeu.

 

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Poésie © B. Avy

Une partition de matières et de détails nourrie d’influences transversales

Le sol d’un rouge argileux renforce l’esthétique terrienne du décor, pensé comme un hommage au terroir. Jeux de miroirs, plafonniers coquillages, esprit rétro des poignées de portes, voile beurre des rideaux… L’aspect brut des sols et des murs est adoucie par des détails ornementaux délicats. Parmi eux, les suspensions Pivoine de Colin Chetwood dans la salle de réception privative, la vaisselle en céramique d’Éloïse Dubois ou encore les appliques de Léa Zéroil. L’architecte a associé à l’ensemble, une sélection d’objets chinés chez Julie Barrau, à Arles. Pour nourrir son regard, Giulia Plantier puise des références dans le travail de grands noms du design italien tels que Gio Ponti ou Carlo Scarpa. Son écriture décorative, instinctive, s’inspire d’influences transversales, allant de l’histoire au cinéma, de l’art aux rencontres qui jalonnent son parcours.

Aux beaux jours, on trouvera un refuge de fraîcheur et d’ombre près de la fontaine du patio central. Les miroirs qui y étaient autrefois installés ont disparu pour laisser respirer la minéralité des murs bruts et la présence du végétal. Un prolongement naturel de l’esprit apaisé et organique du lieu.

 

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Poésie © Béatrice Avy

Poésie, 4 rue Littre, Nîmes

Giulia Plantier