Au Musée des Beaux-Arts de Nîmes, Vanessa Gilles ravive la légende de Sainte Sara. Au travers de différents médiums, la photographe explore les multiples récits qui entourent cette figure sacrée du peuple gitan.
Rattachée à l’histoire des Trois Maries dans le Nouveau Testament, Sainte Sara demeure insaisissable. Le culte qui lui est voué échappe aux sources écrites et s’ancre dans une transmission orale, cultuelle et culturelle. Disciple de Jésus, elle aurait fui la Palestine pour échapper aux persécutions avant d’accoster aux Saintes-Maries-de-la-Mer.
En s’appuyant sur une légende à laquelle peu de textes font référence, Vanessa Gilles interroge la mémoire collective tsigane et s’empare de la question de la transmission du sacré.
Dans le musée, flottent de longs tirages sur soie des capes cérémonielles des processions du 24 mai, confiées à la photographe par l’église des Saintes-Maries-de-la-mer. Symboles de protection, les étoffes dialoguent avec des portraits de femmes et d’enfants, immergés dans les eaux rituelles de la cérémonie religieuse. À la croisée de l’art sacré et de la photographie, l’exposition, issue des recherches de l’artiste autour de la mémoire de Sara, superpose les récits et donne corps à la légende. Elle l’enveloppe d’une aura à la fois mystique et résolument contemporaine.

- Sara, la mémoire de l’eau. Vanessa Gilles.
- Jusqu’au 8 février. Dans le cadre du Festival de Flamenco de Nîmes
- Musée des Beaux-arts. Rue de la Cité Foulc, Nîmes


