Il y a des soirs où les scènes lyriques s’ouvrent à d’autres mondes. Le samedi 30 mai, Opéra Comédie de Montpellier accueille une forme d’art aussi rare que bouleversante : le Pansori coréen, cet opéra narratif ancestral inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Une première dans un opéra national en France, et une invitation à voyager sans quitter Montpellier.
Un opéra coréen hors normes
Le pansori coréen n’a rien d’un opéra classique. Ici, pas de chœur ni de décors monumentaux : un chanteur, un percussionniste, et une histoire. Le reste appartient à la puissance de la voix, au souffle et à l’imaginaire. Né au XVIIe siècle, cet art repose sur une performance totale où un seul interprète incarne tous les personnages, alternant récit, chant et jeu théâtral . Avec Le Feu et les larmes, le public découvrira une version condensée de Chunhyangga, l’une des cinq grandes œuvres du répertoire Pansori. Une fresque amoureuse et sociale, entre passion contrariée, injustice et fidélité, portée par une intensité émotionnelle rare .
Ko Yeong-yeol, passeur entre tradition et modernité
Figure majeure de la scène coréenne, Ko Yeong-yeol incarne cette nouvelle génération d’artistes qui refusent de figer la tradition. Son approche ? Le piano byeongchang, une performance hybride où il chante tout en jouant du piano. Résultat : un Pansori traversé d’harmonies occidentales, de touches jazz et d’une sensibilité contemporaine qui le rend étonnamment accessible. Loin d’une simple fusion, son travail explore une question essentielle : comment faire vivre une tradition aujourd’hui sans la trahir ? Pour lui, la réponse est dans l’émotion brute, celle qui traverse les cultures, du han (mélancolie profonde) à la joie la plus vive.
Une immersion sensorielle et visuelle
Aux côtés du chanteur, le tambour soribuk et la flûte traditionnelle coréenne (daegeum) enrichissent la palette sonore, tandis qu’une projection photographique de Pape San accompagne la performance. Entre Séoul et Paris, ses images prolongent le voyage et tissent un dialogue entre mémoire, modernité et regard documentaire.
Un événement culturel à Montpellier à ne pas manquer
Ce spectacle s’inscrit dans une dynamique d’ouverture internationale, célébrant notamment les 140 ans de relations diplomatiques entre la France et la Corée, en partenariat avec le Centre Culturel Coréen. Mais au-delà de l’événement diplomatique, c’est bien une expérience artistique rare qui se joue ici : celle d’un art millénaire qui continue de vivre au présent.
Les photos de Pape San
Informations pratiques
- Date : samedi 30 mai
- Lieu : Opéra Comédie à Montpellier
- Horaire : 19h
- Durée : 1h20 (sans entracte)
- Langue : chanté en coréen, surtitré en français
- Tarifs : de 28€ à 47€







