Chaque été, Montpellier devient un territoire à part, traversé par les corps, les idées et les imaginaires. Cette année, le Festival Montpellier Danse franchit un cap. Du 20 juin au 4 juillet, cette 46e édition s’inscrit dans un moment charnière : la naissance de l’Agora, Cité internationale de la danse, un lieu qui rassemble désormais création, formation et diffusion sous un même toit. Plus qu’un changement de décor, c’est une nouvelle manière de penser la danse. Un nouveau chapitre s’écrit, le premier après Jean-Paul Montanari.
Une programmation riche, exigeante, ouverte
La programmation de cette édition déploie un paysage chorégraphique d’une rare densité, où se côtoient grandes signatures internationales et nouvelles voix en pleine émergence. Plus de trente compagnies investissent les scènes de l’Agora et les espaces de la ville, dessinant un parcours sans hiérarchie, guidé par la curiosité et le désir de découverte. Les fidèles du festival retrouveront des artistes majeurs comme Emanuel Gat, Christian Rizzo ou Hofesh Shechter, Dimitri Chamblas, dont les écritures continuent de marquer la scène contemporaine, tandis que des figures plus jeunes : Zoé Lakhnati, Katerina Andreou ou Abby Z, imposent des nouvelles formes, traversées par les questions d’identité, de mémoire et de représentation.
À cela s’ajoutent plusieurs créations mondiales et formats hybrides, où la danse dialogue avec la musique, la performance ou les arts visuels. Pensée comme un espace de circulation plutôt que comme une simple succession de spectacles, cette édition compose un ensemble vivant, où chaque proposition semble répondre à une autre, dans un mouvement continu qui reflète l’état du monde.

Un festival qui déborde de Montpellier
Avant même son ouverture officielle, le festival prend le large. Direction Sète, avec la création mondiale Babel Torre Viva de David Coria, donnée au Théâtre de la Mer. Ce prélude flamenco annonce une dynamique forte : aller vers les publics, investir d’autres lieux, faire circuler la danse. À Montpellier, le festival s’étend dans la ville : espaces publics, performances participatives, formats hybrides… La danse sort du plateau et s’invite partout.
Une attention particulière à la transmission
Le festival ne se limite pas à montrer des œuvres. Il prend aussi le temps de partager. La Rencontre nationale “Danse en amateur et répertoire” réunit une centaine de danseurs venus de toute la France. Une occasion rare de voir des œuvres revisitées par celles et ceux qui les vivent de l’intérieur. Dans le même esprit, l’Agora lance BOOST, une formation dédiée aux jeunes artistes autodidactes. Une initiative qui élargit l’accès à la professionnalisation et accompagne de nouveaux parcours.

