David Coria Babel Théâtre de la mer Sète
©Valentin Chou

Avec BABEL Torre Viva, David Coria transforme le flamenco en rituel contemporain au théâtre de la mer à Sète

Avec ¡Fandango! en 2022 David Coria avait enflammé le Théâtre de la mer, il revient avec Babel une création mondiale attendue les 11 et 12 juin 2026 à Sète. Pour Babel Torre Viva, le chorégraphe sévillan convoque le mythe biblique de la tour pour interroger les fractures de notre époque. Ainsi naît un spectacle à la fois poétique, politique et viscéral, en prélude au Festival Montpellier Danse.

Le mythe de Babel

La tour de Babel conserve une résonance profondément contemporaine. Érigée par des hommes qui parlaient encore une langue commune, puis détruite par une force supérieure craignant leur unité, elle fait écho à notre époque du repli sur soi. En effet, alors que la technologie et la mobilité nous rapprochent, les murs politiques, économiques et religieux se multiplient.
C’est précisément cette contradiction que David Coria choisit d’explorer. Plutôt qu’une illustration littérale de l’Ancien Testament, le spectacle utilise le mythe comme un prisme. Ainsi, il grossit les fractures contemporaines qui déchirent nos sociétés, en les transformant en langage physique intense et profondément rituel.

Un corps collectif qui prie, s’élève et chute

Le point de départ de BABEL est simple et puissant : pourquoi sommes-nous si séparés alors que nous voulons être ensemble ? La question n’appelle pas de réponse dogmatique. Elle appelle un corps, des corps. Sur scène, un corps collectif ne fait pas que danser. Il prie, s’élève et chute. Ce corps devient, selon les mots de David Coria, « architecture, liturgie, cri et parole ». Il n’est plus seulement le véhicule d’une technique virtuose. Il est, avant tout, le lieu où se joue la question politique.
Héritier de l’énergie du flamenco, ce spectacle élargit pourtant son vocabulaire vers de nouvelles formes d’expression. On retrouve ainsi l’imaginaire physique de Los Bailes Robados (2023), la création précédente de l’artiste, mais porté ici vers une dimension encore plus universelle.

La différence comme matière première d’un espoir collectif

En conclusion, David Coria affirme : la différence n’est pas une menace. Elle est, au contraire, la matière première d’un nouvel espoir collectif. Cette conviction traverse tout le spectacle, de la première à la dernière image.
BABEL n’est pas un spectacle consolant, ni désespéré. C’est, donc, une danse qui, même dans l’effondrement, continue de croire en la beauté du geste. En ces temps où les murs s’érigent plus vite que les ponts, construire ensemble une tour symbolique signifie quelque chose de plus.

Infos pratiques

Jeudi 11 juin et Vendredi 12 juin à 21h30
Théâtre de la Mer à Sète
Prélude au Festival Montpellier Danse
Accueilli par le Théâtre Molière Sète, Scène nationale Archipel de Thau

Reservations : TMS