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Carlos Idun-Tawiah, Many Reasons to Live Again, 2022. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Galería Alta.

Rencontres d’Arles 2026 : 8 expositions immanquables

À Arles, les Rencontres de la Photographie auront lieu cette année du 6 juillet au 4 octobre. Comme chaque été, les images de ce grand rendez-vous mondial consacré à la photo se mêleront à nos albums de vacances. Des photos iconiques de William Klein aux archives de Paul McCartney, des ovnis de Philippe Baudoin aux images de Charlotte Gainsbourg… Voici 8 expositions immanquables.

Avec pour titre Des Mondes à relire, la 57ᵉ édition des Rencontres d’Arles aura pour mission de célébrer le bicentenaire de la photographie. Superposant nouvelles lectures du monde et mise en perspective d’images d’archives, elle se présente comme un immense et passionnant territoire d’exploration. Historiques, pop, déroutantes, corrosives ou émouvantes : articulées en plusieurs séquences, les expositions de ce cru 2026 promettent une édition fascinante.

Paul McCartney, photographe. 1963–1964 : eyes of the storm

Dans la séquence Grand Arles Express, Paul McCartney, photographe, plonge dans les archives personnelles du musicien entre 1963 et 1964, moment où le groupe bascule dans la Beatle mania. Reflet d’une époque où en musique comme en photographie, tout s’accélère, témoignage intime…  À travers près de 250 photographies, l’exposition révèle les coulisses de l’histoire exceptionnelle des Beatles. Images de tournée, répétitions, concerts, clichés saisis dans des hôtels : les photos prises par Paul McCartney dessinent un portrait très personnel de quatre jeunes musiciens pris dans le tourbillon de la célébrité.

 

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Paul McCartney, George Harrison, Miami Beach, février 1964
Avec l’aimable autorisation de l’artiste, sous licence exclusive de MPL Archive LLP.

Paul McCartney, photographe. 1963–1964 : eyes of the storm. Musée Granet, Aix-en-Provence.

Nous ne sommes pas seuls. Images extraterrestres

L’exposition la plus originale de cette édition des Rencontres d’Arles est sans nul doute Nous ne sommes pas seuls, images extraterrestres. Prenant comme point de départ une photographie réalisée en 1975 par le suisse Eduard Billy Meier, Phillipe Baudouin pose la question de la vie extraterrestre. Connu pour son travail sur les questions du surnaturel, il rassemble des documents d’archives et des œuvres contemporaines. Avec rigueur universitaire, Baudouin divise l’exposition en trois chapitres, décortiquant l’apparence plastique des phénomènes observés, le point de vue des témoins et les cultes et croyances qui en émergent.

 

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Yves Bosson, Jean-Claude Ladrat, constructeur de soucoupes volantes, 1993 © Yves Bosson / Agence Martienne

Nous ne sommes pas seuls. Images extraterrestres. Croisière, Arles.

Charlotte Gainsbourg. 5 bis

Avec 5 bis, l’adresse de son père à Paris, rue de Verneuil, Charlotte Gainsbourg revisite les lieux de son enfance, de nuit comme de jour pour nous faire redécouvrir l’univers dans lequel elle a baigné. Réunissant ses clichés personnels, l’exposition aborde les dimensions de l’intime et de la mémoire. Montrée à la Galerie du Cloître avec le partenariat de Maja Hoffmann et Saint-Laurent, ces photos dévoilent la demeure de Serge Gainsbourg avant son ouverture au public en 2023. Elles apparaissent comme d’ultimes tentatives de saisir le fantôme d’un père disparu 32 ans plus tôt.

 

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© Charlotte Gainsbourg

Charlotte Gainsbourg. 5 bis. Galerie du Cloître, Arles.

Lee Shulman Omar Victor Diop. The anonymous project. Being there

Reprenant des clichés des années 50-60, Lee Shulman et Omar Victor Diop déploient une galerie d’instants figés pendant des moments conviviaux. Dans l’illusion d’un bonheur et d’une vie sans aspérité au cœur d’une époque marquée par des tensions sociales et des transformations importantes, le duo de photographes fait surgir une présence noire, là où l’histoire l’avait rendu impossible. La présence d’Omar Victor Diop sur chacun des clichés se fait critique. Ces photos retravaillées créent une tension subtilement mordante, nous invitant à repenser la construction de nos récits à travers les images.

 

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Lee Shulman et Omar Victor Diop, Being There, 2023; Avec l’aimable autorisation des artistes.

Lee Shulman Omar Victor Diop. The anonymous project. Being there. Ancien collège Mistral, Arles.

Martine Barrat. Soul of the city

Grande figure de la photographie connue pour ses images très fortes réalisées dans les années 70 à Harlem (New York) ou à la Goutte-d’or (Paris), Martine Barrat a développé un travail singulier autour des personnes marginalisées. Proche du milieu du jazz, elle a documenté la rue comme les gangs du South Bronx, devenant proche de ses modèles. La photographe, qui vit toujours dans le mythique Chelsea Hôtel à New York, a aussi travaillé comme photographe de mode avec Azzedine Alaïa, Yves Saint-Laurent et Yōji Yamamoto. Soul of the city fait partie de la séquence Relectures du festival.

 

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Martine Barrat, Love avant d’aller au Rhythm Club, elle voulait être sûre que son maquillage soit bien mis, Harlem, . 1996. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et la Galerie Rouge.

Martine Barrat. Soul of the city. Espace Van Gogh, Arles.

William Klein. This way to heaven

Parmi les monographies attendues chaque année, celle consacrée à William Klein offre la démonstration du génie expérimental d’un grand nom de la photographie. À l’occasion du 100ᵉ anniversaire de sa naissance, This way to heaven propose une relecture de son œuvre multidisciplinaire. Entre expérimentation et critique d’une société américaine obsédée par la consommation, l’exposition rassemble photographies, peintures, films et dessins parmi lesquels de nombreux inédits. Corrosifs, ils explorent le rapport complexe de Klein avec son pays. On y retrouvera plusieurs grandes figures réelles ou fictionnelles, à l’instar de Muhammad Ali ou de Polly Maggoo, film qui sera projeté pendant la semaine d’ouverture.

 

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William Klein, Wings of The Hawk, 42ᵉ rue, New York, 1955. Avec l’aimable autorisation du William Klein Estate.

William Klein. This Way to heaven. Chapelle du Museon Arlaten, Arles.

Ghana ! Rêver l’indépendance 1956–1976

Au Palais de l’Archevêché, Ghana !, sous le commissariat de Damarice Amao, explore l’importance que l’action éditoriale a eu au seuil de l’indépendance du Ghana dans les annes 60-70. Prenant pour support deux livres iconiques, dont Ghana: An African Portrait (1976) de Paul Stand, la commissaire d’exposition interroge le rôle de la photo dans l’élaboration d’une nouvelle identité de la nation. En dialogue avec les clichés de James Barnor ou de Willis Bell, ceux d’une nouvelle génération de photographes interrogent l’effervescence de cette époque, à l’instar des images scénographiées de Carlos Idun-Tawiah, artiste qui signe l’affiche du festival. Elles offrent un nouvel éclairage sur une période charnière de l’histoire du Ghana, « entre doutes, espoir et nostalgie ».

 

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Paul Strand, Samuel J.K. Essoun, Shama, Ghana, 1964
Avec l’aimable autorisation de Paul Strand Archive et d’Aperture.

Ghana ! Rêver l’indépendance 1956–1976. Palais de l’Archevêché, Arles.

Christian Lacroix et la photographie

Explorant les liens forts de Christian Lacroix avec la photographie, Christian Lacroix et la photographie se propose en écho à l’exposition consacrée à ses dessins au même moment et dans le même lieu : le Musée Réattu. À travers une sélection d’œuvres issues de la collection personnelle du designer, elle approche son regard d’artiste, auscultant ses goûts esthétiques et son besoin d’enrichir sa propre création en l’alimentant de nouvelles images. Photos de mode par Sarah Moon ou Grégoire Alexandre, scènes de vie ou portraits de l’artiste par Annie Leibovitz, Paolo Roversi ou Mario Testino… Déployée dans les collections permanentes du musée, la collection de Christian Lacroix entre en dialogue avec des thèmes tels que la figure du héros, le portrait ou le corps.

 

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Laurent Goumarre, Sans titre (Arthur), 2007
Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Christian Lacroix et la photographie. Musée Réattu, Arles.