Le mois de mai 2026, du 6 au 24, marquera un tournant pour la scène culturelle héraultaise. La Halle Tropisme, moteur de la Cité Créative, mue et lance « Hyperactive ». Plus qu’un changement de nom, c’est une accélération de particules artistiques au cœur d’un quartier en pleine ébullition. Beats électroniques, corps en mouvement et réflexions sociétales : plongée dans ce qui s’annonce comme le nouveau poumon de la création montpelliéraine.
Hyperactive Montpellier : un festival culturel du récit à l’expérimentation
Plutôt qu’une simple succession d’événements, Hyperactive propose un écosystème. Expositions, concerts, performances, ateliers et rencontres professionnelles coexistent dans un même espace, invitant le visiteur à circuler librement, à construire son propre parcours. Ce décloisonnement n’est pas un effet de mode : il traduit une réalité, celle d’une création contemporaine où les frontières entre disciplines s’effacent progressivement.
Des expositions comme fil conducteur
Le festival Hyperactive à Montpellier accorde une place centrale aux arts visuels, envisagés comme un point d’entrée dans les imaginaires contemporains. L’exposition Mathematic : 20 ans de création visuelle revient ainsi sur le travail d’un studio majeur des industries créatives, révélant les processus souvent invisibles de fabrication des images. À l’ESMA, Dans les coulisses de Arcane prolonge cette réflexion en explorant les nouvelles écritures de l’animation, entre narration sérielle et innovation technique. En regard, des propositions plus ancrées dans le territoire comme Mémoire en mutation de Mathieu Ducros ou Fragments militaires interrogent la transformation de la Cité Créative, ancien site militaire devenu pôle artistique. Une manière de relier création globale et histoire locale. Cette attention portée aux images se retrouve jusque dans l’identité visuelle du festival. L’affiche 2026, signée par la réalisatrice Sarah Desanchy, prolonge cette réflexion en brouillant les frontières entre narration, image en mouvement et création graphique.

Une programmation musicale ouverte sur le monde
Côté musique, Hyperactive privilégie les circulations culturelles. La présence de Branko, figure des scènes électroniques globalisées, ou du Gasy Jazz Project, témoigne de cette attention portée aux hybridations. Les performances de Cyril Atef aka Papatef, les sets portés par des collectifs comme +212, ou encore les soirées dédiées aux musiques brésiliennes composent un paysage sonore traversé par les diasporas et les influences croisées. Loin d’une programmation formatée, le festival assume une certaine hétérogénéité, reflet des scènes contemporaines.
Le corps comme espace d’expression
La danse et la performance occupent également une place importante, dans une approche qui privilégie l’expérience. La venue de la House of Revlon, avec Vinii Revlon, introduit la ballroom culture dans le festival, entre transmission et affirmation identitaire. Autour, les propositions de Maryam Kaba, ou les workshops mêlant popping et waacking, participent d’une même dynamique : faire du corps un espace d’expression artistique, mais aussi sociale et politique.
Un festival inscrit dans son territoire
Au-delà de sa programmation, Hyperactive interroge la manière dont un lieu se transforme. La Cité Créative, avec son passé militaire encore visible, devient ici un terrain d’expérimentation. Les événements collectifs, banquet, bal, nuit festive, contribuent à ouvrir le site, à le rendre habitable, au-delà du seul temps du spectacle. Cette attention portée aux usages et aux publics distingue Hyperactive d’un simple festival événementiel.
Entre diffusion et structuration des industries culturelles
Le volet professionnel, souvent discret mais essentiel, confirme cette orientation. Rencontres avec des studios comme Mathematic ou Fortiche, conférences, temps de networking : Hyperactive se positionne aussi comme un espace de structuration pour les industries culturelles et créatives. Un enjeu particulièrement fort pour Montpellier, qui affirme depuis plusieurs années son ambition dans ce domaine.
Une proposition cohérente, encore en devenir
Avec cette première édition, Hyperactive pose les bases d’un projet ambitieux. Si l’ensemble peut parfois sembler foisonnant, voire dispersé, il témoigne d’une volonté réelle : penser la culture comme un espace de circulation, de dialogue et d’expérimentation.
Plus qu’un festival, une tentative de cartographier les formes contemporaines et peut-être, déjà, leurs mutations à venir.
Infos pratiques
- du 6 au 24 mai 2026
- Halle Tropisme à Montpellier
+ d’infos, programmation complète : Halle Tropisme

