Entre deux bras du Rhône, au cœur de la Camargue, l’Isle Saint-Pierre cultive sa différence. Implanté sur des sols alluvionnaires et sableux balayés par les vents, ce vignoble singulier a fait le pari des cépages voyageurs et résistants. Notre quille du mercredi met à l’honneur une bouteille rare : un Soreli lumineux, médaillé d’or au dernier Salon de l’Agriculture.
Niché entre fleuve et étangs, l’Isle Saint-Pierre bénéficie d’un terroir atypique en Camargue. Sur ces terres sableuses, des variétés réputées peu compatibles avec le soleil sudiste, merlot ou petit verdot, ont pourtant trouvé un terrain d’expression étonnant. À la manœuvre, le vigneron Julien Henry expérimente aussi des cépages résistants aux maladies, issus de croisements naturels (et non d’OGM). Une démarche tournée vers l’avenir, à l’heure des défis climatiques.
Le Soreli, un cépage résistant
Cette cuvée porte le nom de son unique cépage : Soreli, un croisement d’origine italienne entre la sauvignonasse et le kozma. Encore confidentiel en France, il séduit par son profil aromatique précis et sa fraîcheur naturelle.
Dans le verre, la robe affiche un jaune soutenu. Au nez, des notes florales d’acacia s’ouvrent sur une dominante de fruits tropicaux. En bouche, le vin se structure autour d’amers discrets qui apportent tension et allonge. Le résultat : une quille nette, droite, rafraîchissante.
Selon des dégustations comparatives, le Soreli évoque un registre situé entre sauvignon et viognier, avec une parenté marquée avec le tocai friulano italien. Si la baie et le moût sont plutôt neutres à l’origine, la vinification révèle un potentiel aromatique franc et élégant.
Accords mets et vin : simplicité marine
Ce Soreli appelle la simplicité. On l’ouvre pour un poisson grillé, des couteaux en persillades ou un plateau de fruits de mer. Sa fraîcheur et ses légers amers réveillent l’iode et soulignent la chair délicate des produits marins.
Isle Saint-Pierre, Mas Thibert à Arles


