Étonnantes, intrigantes, glaçantes, amusantes : les expositions de cet automne explorent, de Sète à Marseille, des univers allant de la figuration à la photographie en passant par l’art contemporain. Qu’elles investissent la culture populaire, mènent l’enquête, fassent dialoguer patrimoine et création contemporaine ou sollicitent tous les sens, toutes ces initiatives ont retenu notre attention. Voici les plus belles expositions à voir dans le Sud.
Le Chant des seuils. Chourouk Hriech. Musée Paul Valéry, Sète
Échappées bleues, forêt blanche, cartes du monde à la dérive… Chourouk Hriech investit près de 1 000 m² au musée Paul Valéry et compose un fascinant paysage en sept actes. Installations, vidéos, pièces sonores, textiles et sculptures dessinent un univers immersif où les architectures réelles côtoient animaux et chimères. Nourrie de mémoire et de fiction, cette promenade poétique invite à se perdre dans les mondes marins, végétaux et urbains de l’artiste.

Du 5 décembre 2026 au 18 avril 2027. + d’infos
Je suis le fantôme de mon propre opéra – Aux lisières brutes de l’art. MO.CO., Montpellier
« Je suis le fantôme de mon propre opéra » emprunte son titre à une chanson de Daniel Johnston, musicien américain bipolaire et schizophrène disparu en 2019. Explorant des récits de soi à travers les frontières poreuses de l’art brut et de la création contemporaine, cette exposition est peut-être la plus inattendue de la saison. Écritures obsessionnelles, visions hallucinées et multiples formes expressives… Elle réunira une trentaine d’artistes autour d’une promesse : explorer l’instabilité et le décalage au monde. D’inépuisables et passionnantes matières à créer.

Du 5 décembre 2026 au 2 mai 2027. + d’infos
Lucien Hervé. Dialogue avec le soleil. Pavillon Populaire, Montpellier
C’est un chapitre dédié à la photographie d’architecture qu’ouvrira le Pavillon populaire de Montpellier à partir du 9 décembre. Lucien Hervé, complice de Le Corbusier, avait le génie du cadrage, un sens graphique incroyable et un talent particulier pour saisir la lumière. Composée de tirages argentiques originaux, cette rétrospective dévoile la singularité de son regard sur les ombres et les lignes. La pureté et le dépouillement de ses images confèrent à son œuvre une dimension aussi abstraite que troublante. Virginie Chardin, commissaire de l’exposition, est aussi l’autrice d’une monographie consacrée au photographe, publiée le 30 octobre aux éditions de La Martinière.

Du 9 décembre 2026 au 11 avril 2027. + d’infos.
Les Mystères d’Hérodiade. Enquête au musée Fabre. Musée Fabre, Montpellier
Qui se cache derrière le mystérieux « maître de l’Hérodiade de Montpellier » ? Longtemps restée dans l’ombre, une peinture représentant Hérodiade portant la tête de saint Jean-Baptiste fait l’objet d’une nouvelle enquête. Réunissant une vingtaine de peintures et de gravures du XVIIe siècle, l’exposition propose de croiser histoire de l’art et investigations scientifiques pour tenter de percer l’énigme de son attribution. Ce « cold case » palpitant devrait plaire aux amateurs d’art pictural comme de polars.

Du 18 décembre 2026 au 18 avril 2027. + d’infos.
MA, l’espace qui relie. Marie-Ange Guilleminot. Carré d’Art, Nîmes
Sculptrice, performeuse et plasticienne, Marie-Ange Guilleminot fait du corps et de la relation à l’autre le cœur d’une œuvre remarquablement atypique. De ses premières créations à ses recherches les plus récentes, cette rétrospective explorera le « MA », soit l’intervalle entre deux formes, le silence entre deux sons et l’espace qui relie plutôt que celui qui sépare. Cette exposition invite à éprouver l’art autrement, par le toucher et le mouvement. Le visiteur n’est plus simple spectateur, il devient partie prenante de l’expérience.

Du 7 novembre 2026 au 14 mars 2027. + d’infos.
Moissons. Le Musée imaginaire, c’est l’esprit des artistes. Fondation Vincent van Gogh, Arles
Toute œuvre est une réinvention des images qui l’ont précédée. Cette idée est le point de départ de cette exposition inspirée par la collection d’estampes et de reproductions de Vincent van Gogh. Moissons. Le Musée imaginaire, c’est l’esprit des artistes proposera un dialogue entre le peintre néerlandais, André Malraux, Jean-Luc Godard et onze artistes contemporains, parmi lesquels Dennis Adams, Jean-Michel Alberola ou Tatiana Trouvé. Peintures, installations… Ce musée imaginaire explorera la mémoire des images et leur pouvoir de métamorphose.
Du 22 novembre 2026 au 4 avril 2027. + d’infos
Une brève histoire du même. Collection Lambert, Avignon
Répéter, varier, transformer… L’art contemporain ne cesse de s’amuser avec les notions de ressemblance et de différence. À la Collection Lambert, le commissaire Bruno Marchand s’empare de ces questions pour interroger ce qui se rejoue, se déplace ou se réinvente d’une œuvre à l’autre. La restitution de sa résidence compose une réflexion sur les mécanismes de la création. Elle est à découvrir à partir du 6 octobre.

Du 6 novembre 2026 au 28 février 2027. + d’infos
Au-delà du regard. Une traversée olfactive. Nathalie Saint-Oyant. Musée Angladon, Avignon
Atypique, cette exposition propose d’appréhender l’art autrement. En collaboration avec la parfumeuse Meabh Mc Curtin et la maison IFF (International Flavors and Fragrances), Nathalie Saint-Oyant a imaginé un parcours olfactif en résonance avec les collections du musée Angladon. L’artiste ouvre une autre voie d’accès aux œuvres en proposant un dialogue entre les senteurs, les tableaux et les matières textiles. Ce réjouissant pas de côté déplace notre regard sur l’art en sollicitant nos mémoires intimes.

Du 12 septembre au 31 décembre 2026. + d’infos.
Henri Cartier-Bresson. Caumont Centre d’Art, Aix-en-Provence
À Aix-en-Provence, l’Hôtel de Caumont rendra hommage à « l’œil du siècle » sous le prisme de son regard sur l’Europe. Formé à la peinture, le photographe est l’auteur de compositions d’une modernité saisissante où son sens du cadrage et de la géométrie sert des photographies de l’instant, aussi humanistes qu’éclatantes de vérité. L’exposition réunira plus de 200 images, des clichés de jeunesse aux photos inédites, des scènes de rue aux portraits de l’intelligentsia européenne, dans un parcours chronologique à travers une Europe d’après Seconde Guerre mondiale, en pleine transformation. Ce rendez-vous est immanquable.

Du 5 novembre 2026 au 21 mars 2027. + d’infos.
Art nouveau-Art déco. Marseille au cœur des styles. Château Borély, Marseille
Courbes végétales, figures féminines et ornements raffinés… Du XIXe au XXe siècle, l’Art nouveau a progressivement cédé la place aux lignes géométriques et à l’élan moderniste de l’Art déco. Au Château Borély, près de trois cents œuvres font le récit de cette métamorphose. Mobilier, céramiques, verreries, peintures et créations de mode… L’exposition réunit notamment des pièces coutures de Chanel et des collection de la Fondation Azzedine Alaïa dans une traversée des styles qui révèle aussi comment Marseille fut, entre 1889 et 1937, le carrefour méditerranéen des inventions décoratives.

Jusqu’au 25 avril 2027. + d’infos.
Manger les images. MUCEM, Marseille
Peut-on manger une image pour s’approprier ses pouvoirs ? De l’Antiquité à nos jours, Manger les images explore ces étranges pratiques d’ingestion et d’incorporation des images. Peintures, amulettes, sculptures, films, hosties et gâteaux figurés composent un parcours foisonnant de 435 œuvres. Aussi visuelle qu’anthropologique, cette enquête interroge notre rapport aux images et les pouvoirs de protection, de guérison ou de résistance que nous leur avons prêtés.

À partir du 28 octobre 2026. + d’infos.
Fables of Faubus – Paul Reas. Centre Photographique, Marseille
Pendant trente ans, de 1982 à 2012, le photographe documentaire britannique Paul Reas a observé les mutations de la société, le déclin industriel et l’avènement de la consommation de masse. Déployée en six chapitres, Fables of Faubus restituera un Royaume-Uni en pleine transformation. Dans cette exposition, l’humour affleure derrière la critique sociale. Le titre, emprunté au morceau de jazz de Charles Mingus fait référence au racisme du gouverneur Orval Faubus. Il rappelle la portée politique du regard de Paul Reas.

Du 30 octobre 2026 au 30 janvier 2027. + d’infos.





